| COMPAGNIE MALIENNE
DU TEXTILE : une entreprise qui souffre de la concurrence déloyale
En marge des travaux du séminaire sur le renouveau de la
planification dont il a présidé la cérémonie
d'ouverture, le Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani, a visité
la Compagnie malienne des textiles, le lundi 5 mai dernier. Il a
fait la découverte d'une entreprise sérieusement menacée
par la concurrence déloyale exercée par les tissus
frauduleusement introduits dans notre pays.
L'invasion du marché malien par des produits étrangers
de toutes sortes dans des conditions le plus souvent illégales,
crée une situation de concurrence déloyale qui affecte
les produits similaires fabriqués sur place. Cet état
de fait représente un manque à gagner pour le trésor
public, compromet dangereusement l'existence même de l'industrie
locale. Au cours de la visite du Premier ministre, le président
directeur général de la COMATEX, M. Niung, a expliqué
que la nouvelle forme pernicieuse des fraudeurs consiste à
reproduire textuellement les motifs en inscrivant "COMATEX"
sur la lisière et en adoptant les mêmes manières
de pliages et d'emballages. Il a ajouté que ces faits aux
yeux des clients ordinaires atteste l'originalité du produit.
Les fraudeurs qui s'adonnent à ces pratiques arrivent à
vendre leurs produits sur le marché local à des prix
de dumping défiant toute concurrence, à en croire
M. Niung. Pour le PDG de la Compagnie Malienne de Textile, les ventes
ordinaires du Fancy de l'entreprise sont arrêtées aujourd'hui.
Il précise que si cette situation ne changeait pas par la
mise en oeuvre des mesures vigoureuses d'assainissement du marché,
toute la production du tissu sera arrêtée et par voie
de conséquence la fermeture de l'entreprise. D'où
l'impérieuse nécessité de lutter constamment
et farouchement contre la fraude, la concurrence déloyale
et la contre bande.
Le Premier ministre a assuré le PDG que son gouvernement
et les autres partenaires techniques prendront toutes les dispositions
nécessaires pour éradiquer un tel fléau. Avec
le projet de plan de lutte contre la fraude initié par le
ministère de l'Industrie et du Commerce en rapport avec d'autres
ministères concernés il est permis de penser que ce
fléau ne sera qu'un mauvais souvenir.
Il faut rappelé que la COMATEX-SA a été créée
en1994 par rachat des actifs de l'ex- COMATEX alors société
d'Etat avec un capital social de 1,5 milliard F CFA dont 20 % détenus
par l'État malien et 80 % par la société chinoise
COVEC.
Au cours de la visite guidée de l'usine, le Premier ministre
et sa ont fait la découverte des 25 000 broches de filature
sont entièrement renouvelées, des 662 métiers
à tisser à la navette dont 344 nouveaux, d'une chaîne
de traitement du fil à tisser artisanal, d'une chaîne
d'ennoblissement de tissu allant du pré-traitement jusqu'au
blanchiment et d'autres équipements complémentaires
de chaudières de transformateurs.
Pour le PDG de la Comatex SA, l'acquisition des ces nouvelles machines
a été réalisée pour un coût total
de 4 milliards F CFA . Il a ajouté qu'à court et moyen
terme il est prévu de réaliser des investissements
conséquents d'extension de diversification et de modernisation
de l'usine. La COMATEX emploie aujourd'hui 1 400 travailleurs dont
75 % sont des jeunes et 19 expatriés chinois.
Par Abdoulaye Sissoko
Envoyé spécial
|