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DJALAKORODJI : la distribution d'eau attise les rivalités
Depuis quelques semaines, la Fondation pour l'Enfance de Mme Touré Lobo Traoré distribue gratuitement de l'eau aux populations de Djalacorodji, une commune rurale du cercle de Kati. Comme certains quartiers du district et localités du pays, cette collectivité manque cruellement d'eau en cette période de l'année. La corvée d'eau est assez éprouvante pour les femmes et les enfants. L'initiative de la Première dame du pays vise donc à soulager les populations en les ravitaillant en eau, par camions citernes, un jour sur deux.
A Djalakorodji, cette initiative divise les populations à cause de son exploitation à des fins politiques. Dans un précédent article, nous écrivions que les responsables RPM de Djalakorodji tentaient de tirer le maximum de profit politique de cette action de la solidarité de Fondation pour l'Enfance. Désormais les "Tisserands" de Djalakorodji ne sont plus les seuls à tenter un tel hold-up. Selon nos sources de renseignement, un responsable local de la COPP, travaillant de surcroît à la Fondation, l'a déjà mis à son actif avec les bénédictions du maire qui est un élu de l'Adema. A cause de cette récupération politique, certaines populations sont privées du liquide précieux gracieusement offert par l'épouse du Chef de l'Etat. Ainsi, selon les mêmes sources, seuls sont approvisionnés les quartiers proches de ce responsable de la COPP et du maire.
"Nous sommes privés d'eau parce que celui qui est chargé de sa gestion a un différend avec une voisine", confirme M. Youssouf Fané, un journaliste du mensuel en bamanan, "Jekabaara" de la Coopérative culturelle Jamana. Il révèle que c'est le comportement discriminatoire d'un certain Lassina Diarra dit "Lassina Djan", chargé de la gestion de la distribution d'eau à Djalakorodji, qui est en cause. Celui-ci est opposé à Djénéba Sangaré, une responsable des militantes Adéma, au point de ne plus lui adresser la parole. "C'est Djénéba qui m'a saisi pour m'expliquer qu'elle et certains de ses voisins étaient exclus de la distribution d'eau par Lassina Djan. J'étais dans la même situation qu'elle. J'ai alors été voir le maire pour lui expliquer le problème. Bien avant cette plainte, je lui avais conseillé de ne pas confier cette gestion à n'importe qui. Malheureusement, il ne m'a pas écouté", ajoute M. Fané.
Des accusations qui sont naturellement balayées du revers de la main par le maire, M. Aliou Coulibaly. Il nous a expliqué (au téléphone) que l'eau est distribuée aux points déterminés par les chefs de secteurs. "Nous avons un moment rencontré des difficultés pour ravitailler des endroits éloignés et dont l'accès n'est pas facile à cause du relief accidenté. Nous avons aussi rencontré des difficultés liées à des questions de procédure. Mais tout cela est aujourd'hui résolu. Il faut néanmoins reconnaître que nous ne pouvons pas servir chacun chez lui. C'est pourquoi nous avons demandé aux chefs de secteurs de choisir des points de ravitaillement de leurs habitants", explique-t-il. Un avis qui n'est pas partagé par certains habitants. "Au secteur I, l'eau n'est pas distribuée au point prévu. Et certaines familles sont ravitaillées jusque chez elles. Nous sommes au moins cinq familles à être victimes d'une telle discrimination", contre attaque. M. Youssouf Fané.

Réveil des vieux démons de la division
Le maire revient à la charge en mettant ces accusations sur la volonté de le discréditer. "Je viens de recevoir le superviseur de la Fondation. Il m'a assuré que tout va bien. Mais d'autres trouvent toujours quelque chose à dire pour nous discréditer. Nous n'avons aucun besoin d'exploiter politiquement une action de bienfaisance. J'ai d'ailleurs demandé aux conseillers de ne pas s'impliquer dans la gestion de cette eau pour qu'ils ne soient pas taxés de parti pris", explique M. Coulibaly.
A son avis, ce sont les vieux démons de la division qui resurgissent une fois de plus. "Chaque événement de cette importance fait resurgir les vieilles rivalités liées aux problèmes de chefferie ou d'appartenance politique. Et tout cela pour discréditer les responsables de la gestion communale que nous sommes", se défend-il.
Comme le souligne l'Association pour le soutien aux actions de développement du président ATT (ASAD), cette eau est destinée à toute la population de Djalakorodji, sans distinction. Elle doit bénéficier à tous les citoyens et personnage ne doit être exclue de sa distribution pour son appartenance politique ou une quelconque raison. Gageons que ce message sera rapidement compris par les uns et les autres afin de restituer à cette symbolique initiative de la Fondation pour l'Enfance tout son sens de solidarité humaine.

Moussa Bolly

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Dernière mise à jour 10/05/03 - M. Talata