PROCÈS
ADEMA CONTRE BAKORE SYLLA : le jugement intrigue les praticiens du
droit
Le jeudi 24 avril dernier, le président du Tribunal de première
instance de la commune III, Sambala Traoré a vidé le
délibéré du procès opposant l'Adéma
à l'opérateur économique Bakoré Sylla.
Le parti de l'Abeille a été condamné à
payer à Bakoré Sylla la somme de 917 millions de F CFA.
En plus, l'ancien parti au pouvoir devra payer 30 millions à
son adversaire au titre des dommages-intérêts. Le juge
a ordonné l'exécution provisoire de sa décision
sur le 1/3 du montant total. Ce qui revient à 305 millions
de F CFA. Comme si cela ne suffisait pas, il a rejeté la demande
de main levée sur le saisi conservatoire des avoirs de l'Adéma.
Contre cette décision, les avocats de l'Adéma, Mes Gaoussou
Fofana, Aïssata Founé Timbély, Harouna Toureh,
Alou Diarra et Mamadou Konaté, ont interjeté appel.
Dire que le juge a eu la main lourde contre le parti de l'Abeille
serait une lapalissade. Le jugement continue à alimenter les
débats. Non pas seulement parce qu'il est lourd à l'encontre
de l'Adéma. Mais aussi et surtout parce que nombre d'observateurs
estiment que le juge a tranché l'affaire sans avoir tous les
éléments d'appréciation à sa disposition.
Les avocats de l'Adéma ne cachent pas leur étonnement
devant le fait que le juge ait décidé de trancher sans
auditionner le sieur Soumaïla Cissé, conformément
à l'ordonnance de comparution qu'il a lui-même délivrée.
Selon Me Gaoussou Fofana, sur la demande des avocats de l'Adéma,
le président du Tribunal avait signé une ordonnance
de comparution du sieur Soumaïla Cissé ci-devant candidat
malheureux du parti à la présidentielle de 2002 et actuellement
commissaire du Mali à l'Uemoa.
L'ordonnance a été signée le 22 avril. Soumaïla
Cissé devait comparaître le 26 juin prochain. "Nous
ne comprenons pas pourquoi le juge a tranché sans attendre
que Soumaïla vienne comparaître conformément à
l'ordonnance", affirme Me Fofana. Qui explique que ses confrères
et lui-même avaient demandé la comparution de Soumaïla
Cissé parce qu'ils avaient rémarqué que le bon
de commande des motos était signé de ses mains. "Il
a signé Soumaïla Cissé, candidat de l'Adéma
à la présidentielle. Cette qualité seule ne peut
pas lui permettre d'engager l'Adéma. L'Adéma avait d'autres
candidats qui ont fait des dépenses qui n'ont pas été
prises en charge par le parti. Soumaïla Cissé lui-même
a fait des dépenses. Il avait un hélicoptère.
Cette facture n'a pas été présentée au
parti. Pourquoi celle des motos doit être payée par le
parti ?", argumente Me Fofana.
L'Adéma qui a perdu une battaille, entend se battre jusqu'au
bout dans cette affaire. Le parti n'est pas prêt à payer
les 305 millions de l'exécution provisoire prononcée
par le juge de première instance. Ses avocats annoncent qu'ils
opposeront devant la Cour d'Appel une défense à exécution
à la décision du juge. "Nous allons présenter
une défense à exécution devant la Cour d'Appel
qui l'appréciera", explique Me Fofana.
Pour lui, il serait logique que la Cour d'Appel ne donne pas suite
à la décision d'exécution provisoire. Car il
se peut que la décision de condamnation de l'Adéma prononcée
par le juge de première instance soit invalidée par
la Cour d'Appel. "Le jugement de première instance sera
réexaminée de fond en comble par la Cour d'Appel pour
voir c'est fondé en droit", énonce Me Fofana. Affaire
à suivre.
B. A. Touré
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